Timide Animateur


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Posté le: Mer Juil 02, 2008 5:31 pm Sujet du message: Les récifs artificiels: une seconde vie au littoral aquitain |
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02-07-2008
Les récifs artificiels offrent une seconde vie au littoral aquitain
Face à la dégénérescence des récifs marins fragilisés par le réchauffement climatique et les activités humaines, l’idée de créer des récifs artificiels a peu à peu germé. Loin d’être une nouveauté, elle s’était déjà imposée à de nombreux pêcheurs, lesquels constataient que la faune marine avait tendance à se multiplier à proximité d’épaves ou de structures immergées. Jugeant le concept prometteur, les japonais réalisèrent le premier récif artificiel en 1650. Et, à en juger par les 35 pays qui accueillent aujourd’hui ce type d’aménagements côtiers, nul doute que les résultats s’avérèrent plutôt probants.
En France, l’association Aquitaine Lande Récifs a lancé il y a 10 ans diverses opérations d’aménagement du littoral en région Aquitaine. En reproduisant le plus fidèlement possible l’habitat naturel de la flore et la faune aquatiques, ces récifs dits de « production » permettent à l’écosystème marin de se reconstituer. Définis par l’association comme des « structures immergées, placées délibérément sur le fond pour mimer les caractéristiques des zones naturelles », ils consistent en des buses cylindriques d’une tonne de béton non armé et donc non polluant pour l’environnement. De par la forme et leur répartition hasardeuse au sol, elles offrent de nombreuses possibilités d’habitats, favorisant de ce fait la diversité animale des hôtes potentiels.
Sommet du récif de Messanges,
D’un point de vue technique, il apparaît que ces modules résistent bien au temps, ne présentant aucun signe extérieur de dégradation. Par ailleurs, à l’instar de la prolifération observée aux abords des épaves, l’installation des populations de poissons et invertébrés est rapide. Outre le fait qu’elles soient relativement diversifiées, les espèces de poissons réhabilitées sont majoritairement commerciales. Un net avantage au regard de la raréfaction des stocks disponibles dont pâtissent les pêcheurs.
Pour l’heure, trois sites d’une superficie de 16 hectares chacun, localisés sur la côte sud des Landes, accueillent l’initiative. Le premier à voir le jour fut installé en 1999 près de Capbreton. Suivra en 2001 le second projet, aménagé partiellement aux environs du Port d’Albret, avoisinant les villes de Soustons et de Vieux-Boucau. L’ultime site jouxte les villes de Messanges et Moliets et Maa.
Ces installations successives ont permis d’optimiser le processus d’immersion. Pour la première expérimentation à Capbreton, l’équipe d’Aquitaine Lande Récifs a eu recours à une barge, depuis laquelle chaque module était immergé individuellement. Pour les deux opérations suivantes, on a fait appel à un navire de la Direction Générale de l’Armement, « l’Aquitaine Explorer ». Grâce à celui-ci, on a pu procéder au largage de groupes de 5 buses, passés par la suite à 10 unités.
Bien que depuis 2006 le bureau d’études en environnement marin OCEANIDE assure un suivi scientifique via une surveillance sous-marine, l’association a réalisé courant 2007 une pêche expérimentale afin d’évaluer les populations effectives de poissons évoluant au sein des trois sites réimplantés. Au cours des 20 plongées effectuées, 20 espèces de poissons avaient alors été recensées dont 63 % commerciales.
Afin d’en apprécier l’évolution, l’opération a récemment été reconduite. Avec quelques 297 individus prélevés, répartis en 31 espèces, la progression est pour le moins satisfaisante : une dizaine de nouvelles espèces a ainsi été dénombrée. Les plus représentées sont le tacaud (Trisopterus luscus), le maigre (Argyrosomus regius) et le griset (Spondylosoma cantharus). Auxquelles s’ajoutent des populations de merlu, d’alose, de baudroie ainsi que de Saint-Pierre et de dorade royale.
En misant sur les récifs artificiels, Aquitaine Lande Récifs s’est fixé pour objectif de soutenir une pêche durable et respectueuse des ressources naturelles dont elle reste tributaire. Elle entend poursuivre son action, notamment en perfectionnant les systèmes utilisés. Ainsi, des récifs artificiels imitant la forme conique des tipis sont déjà à l’étude.
Cécile Cassier
Photos © ALR / Jean Celestrino
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