belette Administratrice

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Posté le: Dim Juin 15, 2008 4:20 pm Sujet du message: La grande distribution se met à l'étiquetage "vert" |
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Les grands enseignes de distribution françaises se mettent à "l'étiquetage vert" des produits alimentaires avec des approches différentes, au risque de semer la confusion chez les consommateurs en quête de choix "éco-responsables".
L'étiquetage écologique, un des objectifs du Grenelle de l'environnement, permet de mettre en avant les émissions de CO2 - principal gaz à effet de serre responsable du changement climatique - liées à un produit, qu'il s'agisse de yaourts, d'une bouteille de bière ou d'un kilo de sucre.
"Tous les distributeurs s'y mettent", s'est félicité mercredi le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, lors du lancement par Casino d'un "indice carbone".
Mais si l'objectif de cet "outil pédagogique" est partagé, les modes de calcul et les indices diffèrent.
L'étiquetage environnemental mis au point par Casino repose sur une estimation de la quantité de CO2 émise par chaque produit lors des cinq étapes de son cycle de vie: étapes agricoles, fabrication, transport, emballages et distribution.
Plus un produit a nécessité d'énergie dans son cycle de production et plus il a voyagé, plus son bilan carbone sera élevé.
Selon les calculs de Casino, pour un produit identique, une boîte de conserve affichera ainsi un bilan de 225g de CO2 pour une origine France et de 305g pour une origine Ukraine, avec dans les deux cas, un transport par camion.
A Wattrelos et Templeuve, dans le Nord, deux magasins Leclerc ont récemment lancé une opération d'affichage de CO2 sur l'ensemble des produits alimentaires. Sur le ticket de caisse, le client peut lire, à côté du prix en euros, le bilan carbone de son caddy, exprimé en kilogramme équivalent CO2.
Au-delà de l'unité de mesure, la démarche aussi est différente de celle de Casino. Ainsi, le bilan CO2 d'une eau minérale est affiché non pas marque par marque, mais plus globalement, à conditionnement et emballage identique.
"Les clients ont plus envie de commencer à agir que de tout comprendre. L'important est qu'ils puissent faire un choix par rapport au conditionnement", explique Thomas Pocher, directeur de deux magasins à l'origine de cette initiative.
Les projets de Casino et Leclerc, lancés avec l'appui de l'Agence pour l'environnement et la maîtrise de l'énergie (Ademe), mettent en lumière la difficulté d'établir avec justesse le bilan CO2 d'un produit. L'exercice, proposé par une myriade de sociétés de conseil spécialisées dans la "traçabilité environnementale", reste en effet compliqué.
"Il y a un vrai travail de méthodologie qui doit être développé," a reconnu le ministre de l'Ecologie.
Quel que soit son degré de précision, un "chiffre CO2" est-il parlant pour le consommateur? "Non, de prime d'abord, ce n'est pas parlant. Mais ce n'est pas plus parlant que ne l'était l'euro (lors de son lancement)", estime M. Pocher, qui est optimiste sur l'avenir de cet étiquetage.
"Un client m'a dit: +En fait, les tonnes de CO2 dont on parle à la télé, c'est les grammes de CO2 que je génère en passant chez vous+", raconte-t-il.
Autre problématique: le bilan carbone laisse de côté nombre de paramètres: eau consommée, quantité de pesticides utilisés, surface agraire occupée, etc...
"L'étape suivante, c'est de pouvoir intégrer d'autres impacts environnementaux", explique Chantal Jouanno, présidente de l'Ademe, qui souligne cependant la nécessité de trouver un équilibre entre finesse des critères et lisibilité des étiquettes.
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