Timide Animateur


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Posté le: Jeu Mai 22, 2008 5:57 pm Sujet du message: Les maladies non transmissibles : le fléau de demain ? |
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22-05-2008
Tributaires de facteurs géographiques, économiques et sociaux, les maladies sont intrinsèquement liées à l’environnement dans lequel elles se développent. C’est certainement pour cette raison que jusqu’à aujourd’hui, la croyance populaire distinguait d’un côté les pays en voie de développement confrontés aux ravages des maladies infectieuses et de l’autre les pays industrialisés qui, de par leur mode de vie moderne, sont plus exposés au développement de maladies non transmissibles. Mais, selon toute vraisemblance, les prochaines années devraient démentir ce schéma préétabli.
C’est du moins la conclusion à laquelle aboutit l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) dans son dernier rapport intitulé « Statistiques Sanitaires Mondiales 2008 », reposant sur une enquête menée auprès des 193 Etats membres de l’OMS. Apportant un regard neuf sur les causes principales de mortalité à l’échelle mondiale, ce bilan affirme qu’au cours des années à venir la tendance actuelle de la morbidité mondiale devrait s’inverser, les maladies non transmissibles se substituant peu à peu aux maladies infectieuses.
Partant du constat initial que le nombre de malades nouvellement contaminés par le Sida augmente moins vite que prévu et que de nouveaux traitements et moyens de lutte efficients, notamment dans le combat contre la malaria, laissent augurer une évolution à la baisse, les chercheurs croient en la régression future de ces fléaux sanitaires.
Ainsi, d’après les prévisions de l’OMS, dans les pays à faibles et moyens revenus, la proportion de morts dues à un cancer devrait passer de 7,4 millions en 2004 à 11,8 en 2030, celles dues à des maladies cardio-vasculaires de 17,1 millions à 23,4 millions sur la même échelle temporelle, et enfin celles dues aux accidents de la route de 1,3 million à 2,4 millions. Parallèlement, les décès causés par le Sida et les syndromes immunodéficients (Acquired Immune Deficiency Syndrome) devraient dans un premier temps augmenter, passant de 2,2 millions en 2008 à un maximum de 2,4 millions en 2012 avant de diminuer progressivement pour atteindre les 1,2 million en 2030.
Bien que de prime abord cette déclaration puisse surprendre, elle se fonde sur des données réelles qui laissent peu de doute sur les changements qu’apporteront la croissance et l’ouverture économiques au sein des pays actuellement en voie de développement. Dans quelques années, tabagisme, consommation excessive d’alcool, régimes alimentaires déséquilibrés et manque d’activité sportive ne seront plus l’apanage des pays riches. Ils favoriseront l’émergence de nouvelles préoccupations sanitaires telles que le diabète, l’obésité, le cancer ou l’ostéoporose. A l’heure actuelle, le tabac tue à lui seul entre un tiers et la moitié des personnes qui le consomment.
On observe déjà les prémisses de ces prédictions. Ainsi, en Europe de l’Est, malgré une légère hausse de l’espérance de vie, le taux de mortalité reste supérieur à ceux enregistrés dans le reste de l’Europe. Cet excédent de mortalité concerne en priorité les hommes âgés entre 15 et 59 ans, dont 50% des morts excédentaires sont attribuables aux seuls accidents cardio-vasculaires, 13% aux infections et 10% au cancer.
Mais l’objectif visé par l’OMS n’est pas de susciter un alarmisme stérile. L’organisation insiste sur le fait que ces prévisions ne sont pas une fatalité et que nous possédons actuellement les moyens de lutte nécessaires pour enrayer cette propagation annoncée.
Cécile Cassier
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