Timide Animateur


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Posté le: Jeu Mar 13, 2008 7:29 pm Sujet du message: Liberté, égalité, sexualité |
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Par Florence de Maistre
1961 voit un double virage. L'illégalité est proclamée. Les conseillères orientent les femmes contre la politique nataliste et la loi de 1920, contre l'Ordre des médecins et l'idéal de l'Église catholique... Le mouvement prescrit des contraceptifs, organise des voyages à l'étranger, pratique même le cas échéant les avortements. Le mouvement se radicalise. "C'est un combat de femme entre femmes et dans lequel les hommes sont exclus", relève Françoise Picq, maître de conférence en science politique à Paris Dauphine.
Mais, rappelons qu'en 1960, seules 9 % des femmes exercent dans le corps médical. Des hommes se sont bel et bien engagés. Ils ont assumé les mêmes risques pénaux et de radiation de l'Ordre. "En dépit des fanfaronnades féministes, le combat a été gagné de façon mixte, grâce à un front classique des luttes : laïcité, franc-maçonnerie, syndicats d'enseignants, etc.", poursuit Françoise.
La place des hommes au Planning fait toujours débat. "Les premiers hommes militants sont les maris des conseillères ! Pour qu'elles travaillent comme elles le faisaient, il fallait bien leurs accords. Nous ne mettions pas les médecins en cause, mais leurs attitudes face aux corps des femmes. Ce n'est pas au moment où la femme est sur la table gynécologique, les pieds dans les étriers, que l'on commence à dialoguer avec elle. Pour une parole égalitaire, il fallait que les médecins descendent de leur piédestal. Le féminisme est une position idéologique où les hommes ont leur place. Mais, évidemment, ils doivent accepter qu'on les rabote de-ci de-là", intervient Simone Iff, quatre-vingt-un ans, ancienne présidente du Planning.
La lutte politique et militante du MLF pour la légalisation de l'avortement (17 janvier 1975) a permis de mieux diffuser la prévention, plus que la stratégie première plus humaniste et praticienne. Crainte comme trop émancipatrice dans les années soixante, la contraception est aujourd'hui signe de responsabilité.
Rencontre rue Vivienne"
Quand on pose la question de la violence, on est surpris de la réponse simple : oui", indique Marie-Claude Zalamansky, soixante-dix ans, médecin généraliste, bénévole au Planning familial de la rue de Vivienne à Paris. Aujourd'hui, une quarantaine de conseillères accueillent les quinze mille personnes qui fréquentent chaque année gratuitement ce centre.
C'est pour "faire de la parole de ces femmes des revendications", que Nathalie Marinier (quarante-sept ans), mère de famille, s'est également engagée au Planning.
L'éducation sexuelle reste la priorité du Planning aussi bien dans les établissements scolaires que dans ses centres d'accueil. Rue Vivienne, Marie-Claude anime tous les mercredis après-midi des groupes de huit à dix jeunes. Après le temps de présentation général, variable en fonction des questions, elle reçoit chacun(e) en consultation médicale. Les conseillères, elles, informent sur les droits, rétablissent les vérités sur les contraceptifs, aident aux démarches lors d'une grossesse non désirée. Elles dépistent également les situations délicates et à risques : pédophilie, mariages forcés, violences ou mutilations sexuelles. "Les jeunes filles d'aujourd'hui parlent, réagissent et disent "stop" bien plus tôt que leurs mères ou leurs grand-mères", indique Nathalie.
À l'instar de ses aînées, Nathalie monte vite au créneau. Son but ? "Rendre les jeunes filles autonomes. Plus, elles choisiront leur propre contraception en connaissance de cause, plus de conscience, plus de sérieux."
Avec Marie-Claude, elle s'investit surtout dans la lutte contre les violences. "Certaines choisissent de subir un an de viols lors d'un mariage forcé avant de pouvoir divorcer. Mais si elles se retrouvent enceintes, toute leur stratégie tombe. Et cela se passe ici, à Paris !", s'exclame-t-elle. Alors, certes, elle critique l'application aléatoire et inéquitable de la loi, le prix des nouveaux moyens de contraception, patch et anneau vaginal, pourtant adaptés face aux oublis de pilules, et la rareté des campagnes d'informations publiques.
Elle s'inquiète également du retour des intégrismes et des individualismes qui marquent un recul face aux acquis collectifs. Mais, en équipe, elle continue, à l'extérieur, au centre et au numéro vert "Écoute, sexualité, contraception" à "écouter la parole des femmes pour entendre ce qui n'est pas dit".
Les cinquante ans du Planning familial se tiennent à la Maison de la Mutualité, Paris Ve.
"Écoute sexualité contraception", numéro vert : 0 800 803 803.
"Écoute sexualité contraception", numéro vert : 0 800 803 803
Le Mouvement français pour le planning familial a fêté ses cinquante ans cette année. Un demi-siècle de lutte pour les droits des femmes, et en priorité pour le droit de disposer de leurs corps. Des revendications d'hier aux prises de consciences actuelles, les combats continuent.
À lire
"Liberté, sexualités, féminisme. 50 ans de combat du Planning pour les droits des femmes", d'Isabelle Friedmann, préface de Janine Mossus-Lavau. Éditions La Découverte.
Prix indicatif : 20 euros.
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